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                                                                                                              Septembre 2023

 

Chers amis,

 

Une nouvelle année scolaire et universitaire débute. Nous l’espérons tous heureuse et riche en connaissances, en découvertes, en rencontres. Notre étudiante haïtienne, Florence, entre en 4ème année de doctorat de Sciences de l’éducation, à l’ICP (Catho de Paris). Elle arrive en fin de cursus mais il reste encore la thèse à écrire définitivement et à soutenir avant de rentrer se mettre au service de son pays.

 

Mais, en Haïti, la situation se dégrade de jour en jour.  Au-delà du Choléra qui reprend en force avec en moins d’un an, 22 000 cas recensés avec 850 décès répertoriés, la situation sociale est inquiétante. Le pays est soumis à la pression et même, peut-on dire, à la dictature des gangs armés. Du crime mineur (vols à la tire et à l’arraché, cambriolages, dégradations de matériel public) au crime majeur (affrontements violents avec les forces de l’ordre, enlèvements, attaques, meurtres) le pays s’enfonce dans l’anarchie, la violence et la misère. La sécurité des femmes et des enfants est très incertaine, on enregistre de nombreuses violences sexuelles à leur endroit.

 

Des pénuries importantes d’eau (d’où la recrudescence du choléra), de nourriture et de carburant paralysent la population. Beaucoup d’écoles restent fermées, l’enseignement – dernier espoir de progrès dans le pays – est donc actuellement à l’abandon dans beaucoup de lieux. De nombreux ressortissants canadiens, taïwanais, américains sont rappelés dans leur pays. Les hôpitaux commencent à être abandonnés par le personnel soignant soumis à des violences extrêmes.

 

Le Secrétaire général adjoint, Martin Griffiths, au bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU appelle à mettre fin au carnage en Haïti et écrit « Des rapports alarmants [nous proviennent) d’Haïti où l’escalade de la violence a tué et blessé plus de 70 personnes à Port-au-Prince au cours des deux dernières semaines. Depuis le début de l’année, plus de 2 500 personnes ont été tuées et près de 1 000 ont été blessées et 970 kidnappées. Ce carnage doit cesser ».

 

Monseigneur Content (voir page d’accueil) m’alerte personnellement sur sa situation et celle de ses paroissiens « Nous ne mangeons pas à notre faim et nos santés sont très compromises ». La moitié de la population haïtienne a besoin d’une aide humanitaire et alimentaire. Les 720 millions de dollars alloués à Haïti n’est financé qu’à 26 % et malheureusement mal contrôlés.

 

La tentation est grande d’abandonner face à autant de drames pour lesquels nous ne pouvons rien si l’international ne réagit pas. Mais nous pouvons, aussi et malgré tout, continuer à aider les personnes sur le terrain qui, avec courage, continuent à lutter, à éduquer les enfants, à leur donner des valeurs pour les aider à vivre dignement.

 

Avec votre aide, je souhaite donc poursuivre cette aide pour soulager un peu cette misère. L’argent que je récolte part chez des personnes sûres qui l’utilisent à bon escient et me tiennent fidèlement au courant. Je sais qu’il est utilisé au plus près des besoins non seulement pour notre université qui continue contre vents et marées à fonctionner et donne donc de l’espoir aux générations futures, mais aussi à certaines familles particulièrement démunies que Monseigneur Content accompagne.

 

Merci, merci de prendre la mesure de cette souffrance, de ces besoins impératifs… d’être tout simplement des "Hommes" !

 

Bonne rentrée à tous.

Brigitte Lancien-Despert

Présidente- fondatrice  de l’Association « Education-Haïti »

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Le livre est vendu au prix de 10 euros,

il suffit de le demander par mail (brigitte.lancien@hotmail.fr).

Il sera accompagné d’un reçu fiscal permettant de ne payer réellement

que 3,40 euros.

                                  Merci

 

                     Dans la nuit du 6 au 7 juillet, le président de la République haïtienne, Moïve Jovenel a été assassiné. Son épouse gravement blessée a été transportée à Miami mais son état est critique et le pronostic réservé. Sans doute avec des complicités internes, un commando de 28 mercenaires colombiens a investi le palais présidentiel pour tirer à douze reprises sur le Président. Même si le Président était très controversé, beaucoup d’Haïtiens déplorent cette "exécution" qui porte atteinte à la démocratie et à la fonction présidentielle aussi fragiles soient-elles. A ce jour, une quinzaine des membres du commando est arrêtée, 3 ou 4 ont été tués lors de leur arrestation et 8-9 seraient encore en fuite. Le peuple a été rassuré par l’efficacité de sa police qui a réagi immédiatement.

 

                   Les conditions en Haïti, déjà très préoccupantes tant sur le plan sanitaire que politique, vont s’aggraver. Nos amis haïtiens sont très inquiets. Le premier Ministre, nommé Le 6 juillet par le Président, Le docteur Claude Joseph, appelle la population au calme et assure que la situation sécuritaire est sous contrôle. Néanmoins, mes amis haïtiens me téléphonent pour m’expliquer que Port-au-Prince est déserté (chacun reste chez soi, ce qui en Haïti, montre un vrai désarroi). Le pays est sous le choc. Même si le Président était très contesté, il n’en restait pas moins le représentant de l’Etat et sa fonction était respectée. C’est donc un pas en avant très grave dans l’escalade des problèmes du pays et un coup rude pour la démocratie.

 

J’ai eu mardi 6 l’université de Jacmel en vidéo pendant ¾ d’heure (ce qui est formidable en raison d’une électricité instable !) L’université continue à fonctionner à force de volonté avec 124 étudiants mais un certain nombre d’inscrits ont été obligés d’arrêter en raison des frais – 800 euros annuels– qui leur sont demandés. Nous relançons avec le recteur un partenariat avec Paris pour aider ces jeunes et notre association veut se donner les moyens de poursuivre son aide en faveur de l’éducation.

 

Florence, notre étudiante haïtienne, vient de terminer sa 3ème année en France avec d’excellents résultats : Un DU sur la gestion des conflits et une première année de doctorat. Elle est admise en deuxième année de doctorat des Sciences de l’Education, elle est donc désormais sûre d’aller au bout de son projet. C’est une immense fierté et une grande joie pour notre Association. L’université de Jacmel a déjà de grands projets pour elle. Elle-même travaille avec nous sur les possibles à envisager dans l’avenir pour l’éducation en Haïti.

 

Merci pour notre Association qui a plus que jamais besoin de votre aide précieuse pour ce pays lointain qui, malgré tout, garde des liens privilégiés avec la France.
Merci à tous pour cette année d’aide, bonnes vacances à tous.

Plus que jamais, poursuivons notre projet commun.

 

Brigitte Lancien-Despert

 La Présidente  

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