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Déjà, la nouvelle rentrée 2022 s'annonce avec notre lot de soucis dans un monde incertain. L'été a été caniculaire pour beaucoup, la sécheresse impressionnante, l'eau a manqué, les incendies nous ont marqués. Nous avons tous vécu ces situations, ces incertitudes pendant ces mois d'été. Ce n'est pas sans importance !

Néanmoins, je pense à nos amis haïtiens pour lesquels ces préoccupations sont quotidiennes : la sécheresse, la chaleur, le manque d'eau (et de nourriture) s'ajoutent aux dangers des gangs qui sévissent toujours sur les routes, l'incertitude politique et sociale. Notre étudiante haïtienne s'est rendue cet été à Jacmel pour retrouver sa famille qu'elle n'avait pas vue depuis 3 ans. Moments de joie mais aussi moments d'angoisse. (Voir "Florence raconte")

Arrivée le 4 juillet à Port-au-Prince, elle dut attendre le 8 juillet pour rejoindre Jacmel. Le pays célébrait le 7 juillet, le premier anniversaire de l'assassinat de son président Moïse Jovenel. Les risques d'émeutes et d'incidents étaient trop grands pour se risquer dans les rues. Elle est donc restée enfermée quatre jours dans une maison religieuse de Pétion Ville avant de prendre la route pour Jacmel.

Le trajet n'est pas possible par la route directe entre Port-au-Prince et Jacmel, en raison du passage par la Cité soleil, la ville de Léôgane, la zone de Martissant, hauts lieux d'attaques sanglantes. La route est sans cesse menacée par les gangs, les risques d'enlèvement sont quotidiens. Notre étudiante et deux amis prêtres durent faire un grand détour en passant par le nord pour rejoindre ensuite le sud-ouest. Elle avait d'abord pensé pendre un petit avion entre Port-au-Prince et Jacmel mais nos amis haïtiens lui ont fortement déconseillé : les compagnies aériennes des petits avions sont privées, les appareils sont mal entretenus et dangereux. Plusieurs accidents mortels sont à déplorer.

Toutefois, parvenus à Jacmel, les trois voyageurs ont pu profiter de la ville calme, et des retrouvailles familiales et amicales... jusqu'au retour dans les mêmes conditions le 5 août. L'Association a vécu ces déplacements en apnée !

La situation politique en Haïti n'évolue pas. Des élections - promises depuis longtemps - ne sont pas encore programmées, un an après le décès du Président. Le premier ministre Ariel Henry repousse sans cesse les dates, prenant pour prétexte l'insécurité nationale. Le pays s'enlise dans une forme d'attentisme fataliste sur fond de misère croissante.

Notre travail sur l'éducation n'a jamais paru aussi important pour sortir le pays d'une forme d'obscurantisme. Plus que jamais, les enseignants doivent se former pour offrir aux jeunes la possibilité de se forger une réflexion propre, approfondie et militante. Nous poursuivons donc notre aide en faveur de l'université de Jacmel. En ce moment, les inscriptions se poursuivent. L'an dernier, le département des Sciences de l'Education comptait 156 étudiants. Nous en sommes à la neuvième promotion.

 

La qualité de notre travail est reconnue sur le terrain et plus largement. En septembre prochain, une convention tripartite de partenariat entre l'UNDH (Université Notre-Dame d'Haïti) l'ICP (Institut Catholique de Paris) et l'Association "Education-Haïti" sera signée pour la plus grande joie des partenaires. Des cours en visio, des conférences, des outils pédagogiques, des soutiens, des échanges sont envisagés dès 2022-2023. (Voir "2022-2023")

 

Maintenant, souhaitons que l'année universitaire qui commence ici et en Haïti, soit une année fructueuse pour tous et surtout, sereine !

 

La Présidente

Brigitte Lancien-Despert 

 

                     Dans la nuit du 6 au 7 juillet, le président de la République haïtienne, Moïve Jovenel a été assassiné. Son épouse gravement blessée a été transportée à Miami mais son état est critique et le pronostic réservé. Sans doute avec des complicités internes, un commando de 28 mercenaires colombiens a investi le palais présidentiel pour tirer à douze reprises sur le Président. Même si le Président était très controversé, beaucoup d’Haïtiens déplorent cette "exécution" qui porte atteinte à la démocratie et à la fonction présidentielle aussi fragiles soient-elles. A ce jour, une quinzaine des membres du commando est arrêtée, 3 ou 4 ont été tués lors de leur arrestation et 8-9 seraient encore en fuite. Le peuple a été rassuré par l’efficacité de sa police qui a réagi immédiatement.

 

                   Les conditions en Haïti, déjà très préoccupantes tant sur le plan sanitaire que politique, vont s’aggraver. Nos amis haïtiens sont très inquiets. Le premier Ministre, nommé Le 6 juillet par le Président, Le docteur Claude Joseph, appelle la population au calme et assure que la situation sécuritaire est sous contrôle. Néanmoins, mes amis haïtiens me téléphonent pour m’expliquer que Port-au-Prince est déserté (chacun reste chez soi, ce qui en Haïti, montre un vrai désarroi). Le pays est sous le choc. Même si le Président était très contesté, il n’en restait pas moins le représentant de l’Etat et sa fonction était respectée. C’est donc un pas en avant très grave dans l’escalade des problèmes du pays et un coup rude pour la démocratie.

 

J’ai eu mardi 6 l’université de Jacmel en vidéo pendant ¾ d’heure (ce qui est formidable en raison d’une électricité instable !) L’université continue à fonctionner à force de volonté avec 124 étudiants mais un certain nombre d’inscrits ont été obligés d’arrêter en raison des frais – 800 euros annuels– qui leur sont demandés. Nous relançons avec le recteur un partenariat avec Paris pour aider ces jeunes et notre association veut se donner les moyens de poursuivre son aide en faveur de l’éducation.

 

Florence, notre étudiante haïtienne, vient de terminer sa 3ème année en France avec d’excellents résultats : Un DU sur la gestion des conflits et une première année de doctorat. Elle est admise en deuxième année de doctorat des Sciences de l’Education, elle est donc désormais sûre d’aller au bout de son projet. C’est une immense fierté et une grande joie pour notre Association. L’université de Jacmel a déjà de grands projets pour elle. Elle-même travaille avec nous sur les possibles à envisager dans l’avenir pour l’éducation en Haïti.

 

Merci pour notre Association qui a plus que jamais besoin de votre aide précieuse pour ce pays lointain qui, malgré tout, garde des liens privilégiés avec la France.
Merci à tous pour cette année d’aide, bonnes vacances à tous.

Plus que jamais, poursuivons notre projet commun.

 

Brigitte Lancien-Despert

 La Présidente  

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Le livre est vendu au prix de 10 euros,

il suffit de le demander par mail (brigitte.lancien@hotmail.fr).

Il sera accompagné d’un reçu fiscal permettant de ne payer réellement

que 3,40 euros.

                                  Merci

 

                     Dans la nuit du 6 au 7 juillet, le président de la République haïtienne, Moïve Jovenel a été assassiné. Son épouse gravement blessée a été transportée à Miami mais son état est critique et le pronostic réservé. Sans doute avec des complicités internes, un commando de 28 mercenaires colombiens a investi le palais présidentiel pour tirer à douze reprises sur le Président. Même si le Président était très controversé, beaucoup d’Haïtiens déplorent cette "exécution" qui porte atteinte à la démocratie et à la fonction présidentielle aussi fragiles soient-elles. A ce jour, une quinzaine des membres du commando est arrêtée, 3 ou 4 ont été tués lors de leur arrestation et 8-9 seraient encore en fuite. Le peuple a été rassuré par l’efficacité de sa police qui a réagi immédiatement.

 

                   Les conditions en Haïti, déjà très préoccupantes tant sur le plan sanitaire que politique, vont s’aggraver. Nos amis haïtiens sont très inquiets. Le premier Ministre, nommé Le 6 juillet par le Président, Le docteur Claude Joseph, appelle la population au calme et assure que la situation sécuritaire est sous contrôle. Néanmoins, mes amis haïtiens me téléphonent pour m’expliquer que Port-au-Prince est déserté (chacun reste chez soi, ce qui en Haïti, montre un vrai désarroi). Le pays est sous le choc. Même si le Président était très contesté, il n’en restait pas moins le représentant de l’Etat et sa fonction était respectée. C’est donc un pas en avant très grave dans l’escalade des problèmes du pays et un coup rude pour la démocratie.

 

J’ai eu mardi 6 l’université de Jacmel en vidéo pendant ¾ d’heure (ce qui est formidable en raison d’une électricité instable !) L’université continue à fonctionner à force de volonté avec 124 étudiants mais un certain nombre d’inscrits ont été obligés d’arrêter en raison des frais – 800 euros annuels– qui leur sont demandés. Nous relançons avec le recteur un partenariat avec Paris pour aider ces jeunes et notre association veut se donner les moyens de poursuivre son aide en faveur de l’éducation.

 

Florence, notre étudiante haïtienne, vient de terminer sa 3ème année en France avec d’excellents résultats : Un DU sur la gestion des conflits et une première année de doctorat. Elle est admise en deuxième année de doctorat des Sciences de l’Education, elle est donc désormais sûre d’aller au bout de son projet. C’est une immense fierté et une grande joie pour notre Association. L’université de Jacmel a déjà de grands projets pour elle. Elle-même travaille avec nous sur les possibles à envisager dans l’avenir pour l’éducation en Haïti.

 

Merci pour notre Association qui a plus que jamais besoin de votre aide précieuse pour ce pays lointain qui, malgré tout, garde des liens privilégiés avec la France.
Merci à tous pour cette année d’aide, bonnes vacances à tous.

Plus que jamais, poursuivons notre projet commun.

 

Brigitte Lancien-Despert

 La Présidente